«LES ANIMAUX NOUS PARLENT, IL FAUT JUSTE SAVOIR LES ÉCOUTER»

Textes: Olivia Gerig

Photos: Christian Bonzon

Alexandra Bloc est une jeune femme au parcours atypique. Passionnée par les animaux, elle a décidé d’apprendre tout naturellement à communiquer avec eux.
Lors des périodes de vie difficiles qu’elle a traversées, les bêtes lui ont permis de tenir bon en maintenant le lien avec la terre et en revenant aux valeurs les plus simples, celles de l’enfance.
À ses yeux, la communication avec nos amis à plumes ou à poils nous en apprend plus sur nous-mêmes et sur notre relation avec eux, et parfois leurs révélations sont insolites.

 Si les animaux pouvaient parler, que diraient-ils? C’est une question que de nombreuses personnes se sont déjà posée. Dans les années 1970, une nouvelle façon de s’entretenir avec les animaux est née aux États-Unis: la communication animale. Cette «technique» se basant sur la télépathie est arrivée en Suisse il y a une dizaine d’années. Alexandra Bloc, amoureuse des animaux depuis toujours, a décidé de se lancer dans son apprentissage parallèlement à son travail.

Au Refuge de Darwyn, à Sézenove (GE), la quadragénaire se trouve au plus près de ses protégés à plumes ou à poils. Créée en 2000, reconnue d’utilité publique en 2003, la SPA du cheval accueille et soigne des chevaux et des ânes maltraités, malades ou dont les propriétaires ne peuvent plus s’occuper. L’institution s’est occupée de 420 équidés et en a recueilli 28 en 2017. Entourée de cinq chevaux dans un enclos, Alexandra nous explique sa vocation, tout en s’approchant d’un quarter horse – une race américaine –, qui semble intrigué par sa présence. Buddy, 6 ans, la fixe de ses yeux vairons et semble très attentif. Ils entament une conversation, en silence. La Genevoise sourit: «Buddy est un cheval très ancré, il a les pieds sur terre. Il aime jouer des tours à ses petits camarades. Là, il rigole.»

Travaillant aujourd’hui dans une organisation non gouvernementale, issue d’un parcours professionnel l’ayant menée dans les domaines de la communication et du marketing, Alexandra a toujours été entourée d’animaux et a tissé des liens étroits avec eux. Elle a souhaité les approfondir et elle s’est alors intéressée à la communication animale. Encore en apprentissage, elle acquiert pratique et expérience en acceptant des communications à distance, car elle n’a pas besoin d’être en présence de l’animal. Une simple photo où l’on distingue bien les yeux de ce dernier.

«ce berger allemand connaissait très bien son destin. Les animaux savent quand ils vont partir.»

Alexandra Bloc, Communicatrice animale

Exercer son sixième sens

La communication entre un humain et un animal s’effectue sous la forme d’un contact télépathique. Alexandra se branche sur les vibrations de l’animal, sur les ondes qu’il émet. Pour y parvenir, elle doit atteindre un état proche de celui de la méditation pour percevoir ce que l’animal souhaite dire. «Il ne faut pas avoir de don particulier. Tout le monde peut communiquer avec les animaux», nous confirme la spécialiste. «Il s’agit avant tout d’être à l’écoute et de le souhaiter. En revanche, il faut du travail et surtout exercer son sixième sens.» La jeune femme s’est lancée après avoir vu un film sur le sujet dans lequel était mentionnée Valérie Lebon. Cette dernière exerce à Assens, dans le canton de Vaud, et est aujourd’hui sa formatrice. «Cela nécessite un engagement et de la rigueur. J’utilisais souvent mon intuition pour diverses choses dans ma vie et j’ai trouvé dans cette formation ce que je cherchais depuis longtemps: être en contact avec les animaux d’une façon différente», confie la Genevoise.

Sa première communication s’est faite par hasard, alors qu’elle n’avait pas conscience que le dialogue était possible. Une discussion qui l’a beaucoup marquée. Lors d’un repas entre amis, un berger allemand, âgé de 8 ans, lui a fait une confidence. «Le chien de mes amis m’a dit que c’était la dernière fois que je le voyais. Trois semaines plus tard j’ai appris que son humain avait dû l’euthanasier. Ce berger allemand connaissait très bien son destin. Les animaux savent quand ils vont partir.»

Les demandes des propriétaires sont multiples: améliorer la relation avec l’animal, comprendre un comportement, les retrouver s’ils ont fugué ou disparu, ou même parfois communiquer avec un animal défunt. Il n’est pas question de soigner les bêtes malades ou de se substituer à un vétérinaire mais cela constitue parfois un bon complément à une visite médicale. «Il faut être à leur écoute et ainsi nous pouvons au mieux répondre à leurs besoins», assure Alexandra.

Mieux répondre à leurs besoins

Dans un autre enclos où ne se trouvent que des juments, la Genevoise s’intéresse à l’une d’entre elles qui se tient un peu à l’écart. Il s’agit de Ruby. Elle a eu un parcours de vie difficile. Le refuge l’a recueillie alors qu’elle était vraiment mal en point, juste à temps avant qu’elle ne soit livrée à la boucherie. Une connexion particulière s’établit entre elles. «Vous aidez à la fois les animaux et leurs humains, l’un n’est jamais dissocié de l’autre, à mon avis.»

Chaque animal possède son propre langage, et eux-mêmes communiquent entre eux par télépathie. «Chaque animal a ses propres préoccupations, c’est un peu comme les humains.» Selon elle, les sujets de conversation et de préoccupation des bêtes sont très divers, mais, lors de leurs discussions, ils ne font pas de grandes révélations sur l’humanité ou sur l’avenir de la planète. «Les animaux me racontent parfois des histoires insolites ou drôles sur leurs humains, mais aucun grand secret ne m’a encore été révélé», sourit-elle.

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