Le Jet d’Eau , symbole de Genève , domine la rade de son fier panache.
Depuis que je promène mes appareils de photos au bord du lac  il s’élève sur la rive gauche.

Par grand vent, on l’arrête car son jet puissant est dévié alors vers les quais et devient dangereux pour les passants et la circulation. Il manque alors dans le paysage genevois.

S’est-on seulement demandé pourquoi un jet d’une telle hauteur fait la fierté des Genevois?

Il a vu le jour pour des raisons techniques. 

En 1860, la ville se développe considérablement et a besoin d’énergie hydraulique pour alimenter les machines des industries et des artisans. Elle construit une usine hydraulique à la Coulouvrenière, qui exploite la force motrice du Rhône. Une pompe hydraulique fait tourner les machines avec l’eau, notamment les ateliers d’horlogerie. 

Seulement voilà, le soir venu, lorsque toutes les machines sont arrêtées, des surpressions se produisent sur le réseau. Les exploitant de l’usine doivent se précipiter pour arrêter les pompes les unes après les autres. Une vanne de sécurité est ajoutée. Elle permet de contrôler la pression et laisse s’échapper un jet d’eau en hauteur. C’est donc pour des contraintes techniques que notre symbole genevois est né en 1886. Il ne fait que 30 mètres de haut et n’apparaît que le soir au bout du bâtiment des forces motrices.

C’est en 1891 que le Jet d’eau déménage dans la rade. Ce second Jet d’eau est créé sur la jetée des Eaux-Vives et fut  inauguré en 1891, lors de la Fête Fédérale de Gymnastique. Il s’élève à 90 mètres. Pour les 600 ans de la Confédération, il est illuminé pour la première fois. Au début il n’est enclenché que le dimanche et les jours fériés , plus tard occasionnellement pendant la semaine.

En 1951 le système du jet d’eau est à nouveau modifié et atteindra 140 mètres de hauteur.

Actuellement , il est équipé d’une cabine d’éclairage avec des leds de différentes couleurs.

Dans mon enfance il ne fonctionnait que l’été. L’hiver on l’éteignait et attendait l’ouverture du Salon de l’Auto pour le remettre en marche. 

En voilier c’est l’une des voiles fixe du Lac sur laquelle prendre le cap pour rentrer au port le soir.

D’une gigantesque voile blanche qui se voyait  loin dans la nuit, actuellement  il s’illumine d’une couleur différente à chaque manifestation marquante. 

Pendant la saison touristique, j’ai eu le privilège d’assister à un véritable festival de couleurs bien orchestré.

En 1998, il côtoya un ballon de foot lors de la coupe Mondiale de football qui vit la victoire de l’équipe française.

Il fut toujours éteint lors du Grand Feu d’artifices des Fêtes de Genève ( le dernier en date de l’été 2019 ), pour laisser place à la féerie pyrotechnique de cette soirée. 

Dernièrement, un artiste Pierre-Yves Leisi, à l’aide d’outils simples a tenté de dévier sa trajectoire, imaginant pourvoir en modifier sa forme. Il est parvenu à obtenir une petite voile. Fort de cet échec, il compte étudier la question, toujours sans toucher à son mécanisme, pour parvenir un jour à animer notre Jet d’Eau de formes extraordinaires , animation supplémentaire à admirer dans la rade de Genève.

Le Jet d’Eau, fier panache  de notre Ville, n’en a pas fini d’être photographié, par tous les temps, toutes les lumières de la journée.  Il offre à ses admirateurs une silhouette différente suivant l’orientation du vent , s’élançant bien  haut et bien droit lorsque tous les vents lacustres sont absents…

Texte et photographies Danielle Foglia-Winiger : 20. 9. 2020

Ce mardi, matin très spécial : la jeune potière fraîchement diplômée prend en charge seule notre cours. Elle apporte de nouvelles techniques, s’intéresse à la sculpter la terre ce qui m’intéresse au plus haut point. Philippe Homère, prévoyant de remettre sa poterie à plus ou moins long terme, a engagé cette jeune fille en vue de la former à ses secrets d’alchimiste dans la confection des ses émaux, au matériel qu’il utilise, à l’utilisation de ses deux fours, le but étant qu’elle se familiarise à son atelier.

La fraîcheur matinale achève de me réveiller.

Une montée laborieuse par le raccourci , je débouche sur la rue principale de mon village.

Assise sur un muret, son bébé debout devant elle , un jeune maman affiche son bonheur.

Ils sont beaux tous les deux habillés de pastel dans la lumière pâle.

La communication entre le bébé et sa maman est joyeuse.

Je m’approche. Un sourire et la conversation s’engage.

C’est un petit garçon né en mai pendant la période de Coronavirus.

Tout s’est hyper bien passé. Le papa a pu assister à l’accouchement.

Bien sûr ensuite, plus de visites pour protéger la mère et l’enfant.

Mais les envois de photos et les conversation via WhatsApp ont pallier à cette absence.

  • Trois jours bien agréables, j’ai pu me reposer, j’appréhendais de partager la chambre avec une autre jeune maman. Cela s’est avéré enrichissant. Nous partagions les mêmes préoccupations avec notre nouveau-né. C’était à la maternité de Genève, je puis vous dire que j’y étais très bien … et depuis que du bonheur avec mon petit bonhomme ! 

    Si je devais accoucher à nouveau, cette expérience sans visites, je souhaiterais la revivre. 

 

 Je suis rentrée reposée chez moi et tout le monde s’en est senti bien, à commencer par le papa.

 

Une naissance pendant cette période de Coronavirus où la mort est omniprésente par son recensement quotidien de morts, signe évident que la Vie poursuit son cours , qu’elle est belle et heureuse…

 

Promesse d’amour et de bonheurs à venir …

 

 

Texte et photographies : 13. 9. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

 

 

Texte et photographies : 13. 9. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

La Gare de Cornavin à Genève

 

Lieu fréquenté depuis mon enfance.

Habitant tout près depuis ma naissance, c’était l’un de mes lieux de vie privilégié.

La vitrine Caran d’Ache avec ses animations mécaniques : hérissons , marmottes, Père Noël me fascinait . J’y passais de longues heures à la contempler, la photographier et encore plus intéressant à observer quand les décorateurs et mécaniciens montaient la vitrine. Ils vérifiaient chaque mécanisme , habillaient les automates et les mettaient en marche sur un circuit électrique relié à la lumière de la vitrine.

J’y ai vu les films de Charlot, de Laurel et Hardy et de Disney dans une boîte montée sur un socle avec marche-pied. Il suffisait de se pencher, mettre la tête et le film défilait. Auparavant une pièce d’argent faisait débuter le film. La petite bande d’amies que nous étions n’a jamais versé un sou pour voir les films. Nous attendions simplement que l’enfant qui regardait soit appelé par ses parents car le départ de leur train était imminent. A nous la fin du film. C’est vrai qu’il nous manquait toujours le début mais l’une des grandes nous le racontait.

Plus tard ce furent  le photomaton qui permettait de faire des photos de passeport . Nous parvenions même à nous photographier à plusieurs , distribuant l’une des photos à chacun des photographiés. Là c’était avec notre argent de poche qu’il fonctionnait. La patience n’étant pas mon fort, j’avais de la peine à attendre que cela sèche et me retrouvait souvent avec des portraits inutilisables, jusqu’au jour où je me promenais en agitant la bande de photos pour la faire complètement sécher.

 

La Gare est aussi un microcosme social. J’y ai assisté à des scènes de séparation déchirantes, de retrouvailles heureuses, d’angoisse: la personne attendue ne se trouvant pas au rendez-vous, de disputes et de misères humaines…

 

J’aimais à fréquenter les sans-logis qui en hiver venaient se réfugier dans la gare pour y dormir.

J’ai appris qu’une vie pouvait vite basculer dans la misère. J’y ai assisté à la solidarité et au partage. Lorsqu’il m’arrivait de leur donner un peu d’argent , c’était pour utiliser les douches de la gare. Ils avaient un système pour en faire bénéficier les amis d’infortune. Il partageait le rouge, la boisson la moins chère à l’époque et qui plus est avait la vertu de les réchauffer d’après eux.

Certains  prenaient un journal laissé dans une poubelle et cherchaient dans les petites annonces un travail temporaire. S’ils le décrochaient cela leur permettait de vivre pendant quelques temps.

 

Ils répugnaient à aller dans les dortoirs de l’Armée du Salut pas loin. On leur avait volé le peu d’argent et les valeurs qu’ils avaient, se trouvant encore plus démunis qu’à leur arrivée.

Dans la gare, ils se sentaient protégés par les policiers qui faisaient régulièrement des rondes, les reconnaissaient et les toléraient pour autant quels ne commettent aucun vol et ne laissent traîner aucun déchet.

 

Cela fait longtemps que je ne fréquente plus la Gare régulièrement.

 

J’ai eu cependant l’occasion de parler avec un jeune charpentier venu de la Chaux-de-Fonds, chassé de la maison après avoir fait son coming out. Il était venu à Genève, l’une des plus grande ville de Romandie, espérant y trouver travail et logement. Lui et ses collègues m’ont indiqué que le Parc des Cropettes n’était plus un lieu sûr pour y dormir la nuit, qu’ils ont du s’exiler dans un parc offrant plus de sécurité et mieux fréquenté. 

Le discours concernant les hébergements offerts était différent. Ils avaient épuisé leur quota à pouvoir bénéficier d’un hébergement en centre d’accueil et se retrouvaient de nouveau à la rue.

 

C’était avant le Coronavirus, je me demande ce qu’il advient de tous ces sans-logis remis dans la rue avec la fermeture de la Caserne des Vernets.

 

Avec l’hiver qui approche, dormir dans les parcs ou sous les ponts devient problématique avec la pluie, la  froidure, les intempéries voire le gel au plus fort de la saison froide.

Communes, canton et ville y ont-ils songé? Car ce sont de fait les populations les plus vulnérables qui ne recourent pas aux soins, n’ayant ni assurance, ni argent pour payer les praticiens de la médecine.

 

Texte et photos : 6. 9. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

 

  

Le solitaire.

 

Cet arbre qui se détache sur tout paysage peint ou photographié.

 

Il en est un derrière chez moi, sur le chemin qui traverse la plaine et mène au petit bois.

 

Il était déjà là, lorsque j’ai quitté la ville pour m’installer à la campagne.

 

Il n’était pas grand mais se tenait fidèle sur le bord du chemin.

 

Par tous les temps, je voyais sa présence rassurante et sa silhouette modifiée par les saisons.

 

Il offrait un ombrage étoffé en été permettant une pause à l’ombre lorsque le soleil se faisait trop brûlant ou une protection contre la pluie lorsqu’elle douchait sans prévenir… 

En automne, ses feuilles aux couleurs chaleureuses commençaient à joncher le sol jusqu’aux paysages hivernaux, monochromes brumeux et froids sur lesquels son squelette affuté se détachait.

 

Au printemps , saison du renouveau, il se parait de feuilles aux couleurs tendres.

 

Ainsi va le cycle de Vie.

 

Depuis peu, il doit s’adapter aux travaux qui l’agressent de leur vacarme assourdissant, éloignant les oiseaux qui trouvaient refuge dans ses branchages, 

et par la poussière  dégagée par les machines …

 

Il est toujours là, fidèle, marquant le début du chemin à suivre … 

 

Texte et photographies : Danielle Foglia-Winiger

 

La lecture se perd … tel est le constat affligeant que l’on entend actuellement.

Qui dit lecture suppose un lecteur.

Mais qui est-t-il ?

C’est quelqu’un qui est capable de prendre connaissance d’un message écrit.

Pour qu’il y ait message il faut quelqu’un qui l’ait écrit.

Il peut s’agir d’un écrivain ou journaliste dont on lit le livre  ( roman d’amour, d’aventure , de sciences fiction, policier, biographies, documentaires, recettes, notices, chroniques, article de fond, pub, … ) .

Le lecteur ne connait pas l’écrivain ni le journaliste personnellement mais en apprécie sa manière d’écrire, ses prises de positions, les sujets qu’il aborde ou dévoile.

Pour le lecteur, lorsqu’il s’agit de romans, de biographies ou d’un roman de quête, c’est alors un moment d’évasion dans le monde de l’écrivain. Il oublie tout, est embarqué et tenu en haleine jusqu’à la dernière page.

Lorsqu’il consulte des journaux, les articles sont courts, c’est une prise de connaissance de l’actualité, d’une chronique signée d’une même plume comme l’ »Encre Bleue « de Julie, de la dénonciation d’une injustice par des faits irréfutables , d’un dessin humoristique en lien avec l’actualité du moment, d’interviews de personnages célèbres , de compte-rendus d’évènements sportifs ou culturels, de suggestions de lectures, d’excursions, d’évènements à venir, de la promotion d’un produit , du portfolio d’un photographe  traitant d’un sujet qui lui est propre …

Dans la presse sur papier ou numérique, l’image ( que ce soit une photographie, un dessin, une aquarelle , une peinture ), revêt une importance indéniable pour attirer le regard du lecteur, à moins que le journal se veuille uniquement journalistique, aux textes documentés et ne reposant que sur la lecture.

La majorité des personnes de ma génération regrettent le livre en papier, qui a une odeur, dont physiquement on tourne chaque page, que l’on peut annoter dans la marge et souligner les passages importants,

De même dans les journaux sur papier, on peut découper les articles importants pour constituer des dossiers par thème, ou alors une petite annonce afin d’en garder les coordonnées.

La presse écrite se meurt , ce qui ne paraît pas être le cas pour les livres qui semblent avoir retrouvé des couleurs et un lectorat. Serait-ce dû aux bibliothèques présentes dans toutes les écoles du primaire, du secondaire et de l’université, dans toutes les communes, tous les quartiers de la Ville de Genève, sans oublier celle de la Cité où l’on peut consulter les ouvrages nécessaires  à explorer un sujet donné?

Problème de jeunes qui préfèrent avoir accès aux informations via leur téléphone , ordinateur portable ou fixe. Bien pratique, il suffit de taper des mots-clés pour voir apparaître tous les articles qui traitent de la question.

Un souci orthographique, de syntaxe ou de conjugaison, en prenant le temps de la recherche informatique , voilà la réponse aux hésitations. Par contre , le correcteur d’orthographe intégré à nos portables peut jouer de mauvais tours si l’on ne se relit pas .

La lecture sur tablettes de romans, de partitions de musiques, de  journaux en ligne,  est de plus en plus prisée.

La mise en ligne de  certains journaux de la Presse Ecrite Romande a justifié  leur disparition sur papier par une restructuration des journaux au grand tirage.

Avec le Coronavirus, plus d’un journal local a dû déclarer faillite, essayant plus tard  de trouver un second souffle dans la publication en ligne.

Cela suppose de toucher un nouveau lectorat, plus jeune et compétent dans la manipulation des outils informatiques, ce qui n’est vraiment pas le cas des personnes âgées encore attachées au papier.

Néanmoins, si l’on se penche sur la lecture, on se rend vite compte que notre vie quotidienne est entourée de messages écrits .

Panneaux publicitaires ou de signalisations. Depuis l’apparition du Coronavirus , toutes sortes de panneaux ont fleuri rappelant les mesures à prendre, ce que l’on peut faire ou ce qui est interdit.

Il est bon de savoir consulter un horaire de train ou de transports publics dans les gares , arrêts de tram ou bus, ou sur son portable après avoir téléchargé les applications ad hoc.

Avec l’utilisation du portable, les utilisateurs de toutes les générations envoient des SMS.

Le télétravail a certainement augmenté le volume de mails envoyés et reçus.

Plus d’agenda pour les rendez-vous et la listes des adresses.  Contacts et agenda sont gérés par ces mini ordinateurs que sont devenus nos téléphones portables.

Plus de lettres à écrire, de petits mots, de listes de commissions, de plans pour préparer un montage photos ou vidéo… Déchiffrer les différentes écritures manuscrites devient difficile voire impossible pour tous ceux qui ne passent que par un clavier pour écrire et un ordinateur pour la lecture.

Et pourtant, ce sont encore ces petits gestes écrits: cartes postales , paquets, lettres, journaux que le facteur dépose dans la boîte aux lettres qui me font un immense plaisir. Je les regarde, lis et relis, expose la carte postale…

Pendant la période de confinement, ce sont précisément paquets, lettres et cartes qui m’ont permis de garder le contact avec mes petits-enfants dont j’étais privée de leur présence, car personne âgée ( plus de 65 ans ) et à risques qui plus est…

Petites attentions , plaisir de faire courir le stylo sur le papier, de choisir avec soin la carte et de préparer un emballage personnalisé pour chaque petit cadeau…

Plaisir d’offrir tout simplement… 

Texte et photos : Danielle Foglia-Winiger

Paris et sa Tour Eiffel , c’est comme Genève et son Jet d’Eau.

 

Cela fait longtemps que je me rends à Paris. A chaque fois , passage incontournable vers la grande dame de fer, à toute heure du jour et de la nuit, par tous les temps et en toutes saisons.

 

Mon petit-fils, lors de son premier séjour l’an dernier est quasi tombé amoureux de cette fameuse tour. Il voulait la voir à tous moments. Comme nous logions pas loin, cela le rassurait de la retrouver, ainsi il savait que nous n’étions pas perdus et à sa vue, il parvenait parfaitement à s’orienter pour retrouver l’hôtel.

 

Léo est toujours soucieux de ramener des souvenirs à ceux qui sont restés à Genève. Il fallut chercher des Tours Eiffel . Il faisait nuit et des lumières brillaient par-terre, sorte de feux follets colorés. L’enfant, tout émerveillé, voit des minis Tours Eiffel qui scintillent dans la nuit. Malheureusement, mon porte-monnaie ne me permet pas un achat si couteux et si encombrant à ramener dans les bagages.

Léo se rabat alors sur des petits porte-clés pas chers. Le vendeur à la sauvette, un beau noir dont on ne voit que les yeux attentifs et brillants, s’adresse à mon garçon.

  • C’est ta grand Ma ?

Léo pas farouche du tout :

  • Ouiii et c’est la première fois que je vois la Tour Eiffel.
  • Choisis 5 porte-clés , je te les offre.

L’enfant s’assied par terre et choisis soigneusement 5 mini-tour Eiffel de couleur différente pour chacun des siens.

 

Je viens de rentrer  de 3 jours à Paris, période de Covid-19 , masques obligatoires dans les transports en commun et tous les lieux confinés , tels que les magasins et à l’intérieur des restaurants. Même la Tour Eiffel était masquée.

 

Pensant à mon petit-fils resté au Pays, une Tour Eiffel Lumineuse à lui rapporter s’imposait.

 

Nous nous sommes dirigés de nuit vers le monument emblématique de Paris et là à l’arrêt de métro aucun vendeur à la sauvette. Déçue, je décidai de continuer en direction des pieds de la dame de fer qui brillait de tous ses feux … et là tout d’un coup de petites lumières multicolores s’imposèrent dans la nuit… Ils étaient là, les vendeurs à la sauvette. 

Je m’arrêtai , regardai ces tours Eiffel  lumineuses de toutes tailles.

Mon choix se porta sur la plus petite en bronze.

Il m’en fallait 4 , une pour chacun de mes petits-enfants. Le prix fut négocié à la baisse et mon vendeur partit s’approvisionner, laissant son stand au bon soin du vendeur le plus proche.

Il revint avec un caddie rempli de marchandises, sortit 3 tours Eiffel bronzées, 3 socles , ponça soigneusement les pieds de chacune des petites dames de bronze, les fixa soigneusement et parfaitement centrées sur le socle avec une rapidité et dextérité que j’admirai.

Avant de me les mettre dans un sachet, il vérifia que tout fonctionnait correctement, me montra comment les allumer et le compartiment qui permettait de changer les piles.

 

Les vendeurs à la sauvette de Paris, cela fait longtemps que je les connais, poursuivis par la police car vendeurs illégaux… C’est pour cela que je les ai vus maintes fois rassembler les coins de la couverture de leur exposition et s’enfuir à toute vitesse avec leur balluchon.  

 

Ce sont pour la plupart des émigrés sans papiers qui cherchent à gagner un peu d’argent pour pouvoir vivre grâce aux touristes.

C’est un travail à risques, ils le savent et l’assument.

Cependant ils continuent préférant ce job de vendeur qui leur offre des contacts humains intéressants  à celui tout aussi dangereux mais moins louable qui consiste à vendre de la drogue aux abords des gares…

 

Texte : Danielle Foglia-Winiger  16.07.2020

                                                   

Eloge de la folie douce

 

Bien évidemment aucun éloge du coup de folie , de cette rage destructrice qui amène à tuer , au passage à l’acte gratuit dans une perte aveugle de maîtrise de soi .

Ni celui qui consiste à critiquer sans discernement, à n’émettre que des opinions négatives,  jugements à l’emporte-pièce qui ne prennent pas le temps d’une analyse approfondie. Cette analyse  retransmise à l’interlocuteur  l’amènerait à prendre en considération les remarques en vue d’améliorer sa production ou son projet.

 

Là, je pense à ce grain de folie qui habite toute personne , la caractérise, lui donne joie et pétillance, colorant la Vie d’originalités belles à regarder et à vivre.

 

A Genève, la résidence des fous s’appelait «  Bel Air «  lorsque je l’ai connue.

Elle est située en périphérie de la Ville, dans une magnifique propriété arborée.

Les différents pavillons, hébergeant ses hôtes, sont disséminés sur un vaste terrain créant de petites structures d’accueil.

« Bel Air «, car l’on pensait certainement à cette époque que la qualité d’un air pur permettait une bonne aération du cerveau  chassant ses miasmes . Elle créait ainsi un terrain  propice à rétablir son fonctionnement.

 

Actuellement, on ne va plus à « Bel Air » mais à « Belle Idée ».

L’air pur ne suffit plus, probablement devenu trop pollué au cours des années. Ce sont les belles et bonnes idées, effaçant les idées morbides , de jalousie, de vengeances , d’envie de détruire et tuer, qui remettront tout individu dans la bonne voie, celle qui consiste à respecter chaque être vivant qu’il soit de nature humaine, animale ou végétale.

 

Tout un programme !!!

 

 

 

Texte: Danielle Foglia-Winiger

Photographies prises à « Belle Idée « 

Premier août, Fête Nationale Suisse, le moment d’afficher et se rappeler notre histoire et nos valeurs helvétiques.

 

Impossible de ne pas voir que la fête approche lorsque l’on fréquente, en ce moment, les magasins avec tous les drapeaux, lampions décorations de table, de balcon à l’effigie de la Croix Suisse.

 

Les premiers drapeaux Suisses et Genevois voire communaux sont arborés sur les façades des maisons de mon voisinage et de ma campagnes avoisinante.

Avec le coronavirus, pas de fête nationale habituelle avec feux de joie, soupe populaire et partage de repas en commun sans oublier le cortège de lampions lorsqu’il fait suffisamment sombres pour que torches et lampions illuminent la progression jusqu’au grand feu de joie préparé par les communes et la Ville de Genève.

 

Les plus belles fêtes nationales dont je me souviens ce sont celles de mon enfance, passées à Hünibach au bord du lac de Thoune.

Cela commençait par le lever du drapeau suisse sur le mât en bordure du jardin. Il n’est pas inutile de rappeler que la particularité  de ce drapeau est d’être carré avec sa croix blanche bien centrée, l’inverse de la Croix Rouge, souvenir de Henri Dunant qui lors de la bataille de Solférino est venu au secours de tous les soldats engagés dans la bataille sans tenir compte de leur appartenance  aux deux camps de conflit qui s’affrontaient.  Il ne voyait que des blessés à soigner.

 

La journée se passait à décorer le balcon et préparer un repas marqué de rouge et blanc ou de croix suisses .

L’après-midi on sortait les costumes folkloriques de la région. Ma tante arborait son costume de Fête, typique de l’Oberland Bernois , ma cousine et moi, nous partagions les costumes du quotidien ou celui de fête. Celui qui était trop petit pour elle m’était réservé, parfois n’ayant rien , je mettais ma robe du dimanche. Je n’aimais pas du tout , car j’apparaissais dans la société villageoise qui se réunissait devant l’école comme l’étrangère. On me regardait de travers et mon oncle devait justifier ma présence en me présentant comme sa nièce , la fille de sa soeur.

 

Enfin le moment attendu  avec une certaine impatience était arrivé, derniers ajustements de tenues, nous descendions  tous dans nos costumes rencontrant d’autres femmes au tablier magnifique, car si le costume paraissait pareil, le tablier était brodé par chacune des Bernoise personnalisant leur costume.

 

Le moment inévitable , des discours plutôt ennuyeux , était l’occasion pour le Maire ou l’invité de la Confédération, de donner les lignes directrices de notre Pays et les projets pour la région.

Nous chantions avec ferveur notre hymne patriotique, à plusieurs voix.

Le bal était ouvert avec, comme musiciens un accordéon diatonique et une clarinette  le plus souvent. On y dansait, polkas, valses, marches, sur une estrade dressée tout exprès pour l’occasion.

Puis à la nuit tombée, un grand feu était allumé.

C’était le moment que mon oncle choisissait pour remonter au chalet. Une collation nous attendait sur le balcon et de là nous observions et guettions tous les feux qui s’allumaient sur les versants des montagnes qui nous faisaient face.

Pour moi le sentiment très fort d’appartenir à cette communauté régionale dont les différents villageois fêtaient en même temps que nous … on pouvait entendre en faisant silence , tendant l’oreille,  les musiques de notre folklore régional…

 

Moment de se rappeler la devise traditionnelle suisse ( bien qu’innoficielle)

 

« Un pour tous , tous pour un « 

 

Elle illustre bien la constitution progressive de Notre Pays depuis la promesse des 3 Suisses sur la Prairie du Grütli.

Ils se sont promis fidélité et solidarité pour combattre leur ennemi de l’époque les Habsbourgs.

Chaque région, qui a intégré notre Suisse Primitive  par la suite, est venue demander protection,  en échange elle promettait d’intervenir aux côtés des Suisses dans tout conflit.

 

 

Texte et photos: Danielle Foglia-Winiger

 

La rumeur diffusée, fumée sans feu, secret que l’on croyait bien gardé ,cadenassé, est relayé,  enfle, se déforme et se propage rapidement créant une information d’importance nationale , internationale , à scandale , croustillante à lire ou colporter comme  scoop et dernière vérité du moment, jusqu’à  ce qu’elle éclate aux oreilles de l’intéressé qui en demeure complètement abasourdi.

Elle a toujours existé, mais actuellement les fake news sont diffusées  sur les réseaux sociaux à la vitesse de la lumière.  Il suffit de toucher des vecteurs connectés qui pensent faire le buzz avec une telle nouvelle, sans prendre le temps de vérifier la provenance ni la véracité des informations reçues.

Il est vrai que c’est parfois difficile de démêler le vrai du faux tant le scoop a des accents de vérité , et trouve un écho favorable auprès de ceux qui le lisent,

 

Qu’est-ce qui peut bien pousser celui qui est à l’origine de telles diffusions à relent de scandales?

 

Tout simplement l’envie de sortir de l’ombre pour avoir enfin une publication qui récolte un maximum de likes et qu’elle soit diffusée comme information de première importance. Il en est ainsi avec toutes les théories de complotismes diverses et variées qui ont fleuri sur les réseaux sociaux par rapport à l’épidémie du coronavirus, théories sans étayage scientifique sérieux, affirmations péremptoires sans discussions possibles et sans expressions de prudence et de doutes par rapport à l’évolution  progressive des recherches scientifiques qui apprennent à comprendre peu à peu le comportement de ce nouveaux Covid-19.

 

Une autre rumeur , qui elle cherche à discréditer une personne, marque le besoin de nuire, de démontrer que l’artiste, le ou la politicien (ne) ou tout autre personne qui commence à occuper le devant de la scène, est l’ennemi public numéro un désigné. Tous les moyens sont bons pour lever des secrets de vie personnelle ou dénigrer les compétences, trouver la faille ( nul n’est parfait, il est vrai ) afin de le faire rentrer dans le rang, voire le déstabiliser et lui faire perdre la confiance en ses capacités et ses compétences.

Celui qui est à l’origine de tous ces racontars n’a aucun respect d’autrui, il agit sans scrupules , en retire probablement un plaisir sadique et milite certainement pour sa propre paroisse afin d’occuper la place laissée vacante.

 

Mon discours, fait abstraction du travail de certains journalistes, qui par un travail  de fourmi acharné de recherches de preuves, d’explications à un évènement qui secoue notre scène publique , qui demeure inexpliqué , doublent l’enquête de police,  ne ménageant ni peines , ni temps , ni compétences pour démêler les multiples fils qui mèneront à la vérité apportant des preuves indiscutables…

Bien loin des nouvelles, que l’on balance à nouveau sans preuves évidentes, qui créent polémique dans la population et font que l’affaire est jugée , bafouant la présomption d’innocence, avant que la justice n’ait pu rendre son verdict…

 

De tous temps, j’ai regretté cette presse à scandales qui fait son blé grâce à un lectorat avide de nouvelles croustillantes à se mettre sous la dent.

 

On se doit de rester vigilants et responsables face à l’épidémie du Coronavirus, ne pourrait-on envisager de rendre tout individu capable de discernement, d’interrogations, de libre-arbitre face aux différents écrits diffusés dans la presse qu’elle soit écrite ou numérique ? 

 

Maintenir toute une population dans la peur, qui fait qu’elle se doit d’appliquer des mots d’ordre à la lettre  par peur des représailles qui  touchent à leur porte-monnaie,  les fichent ou  incitent des comportements d’exclusion et de délations , crée des « Bénis Oui-oui », moutons de Panurge qui obéissent sans broncher , faciles à gouverner et diriger … 

 

Est-ce vraiment la société de demain que nous souhaitons ?

 

Texte et photographies : 26. 7. 2020

La femme est à la fois une et multiple.

Ménagère, mère,  épouse , célibataire, employée, cadre, écrivain, peintre, photographe, potière, sculpteur, couturière, infirmière, médecin, institutrice, journaliste, gendarme, pompier, factrice, militaire, femme fatale, prostituée, nounou, gestionnaire , chef d’entreprise …

 

A l’heure où la parole des femmes se libère, certaines ayant le courage de témoigner de violences conjugales, de mobbing au travail allant jusqu’au viol, d’exploitations et de séquestrations par des employeurs qui leur ont pris leur papiers, les empêchant de communiquer avec leur famille, les isolant complètement. Ainsi ils les tiennent à leur merci,  les exploitent sans vergogne en les maintenant dans une peur permanente.  

Les femmes de tous pays et tous bords  deviennent omniprésentes sur les réseaux sociaux et dans la rue. Mouvements féministes qui revendiquent, dénoncent et manifestent leur volonté de respect de la femme, d’égalité avec les hommes et des violences et comportements déviants dûs au machisme.

 

Ces revendications féministes, si elles ont l’avantage de mettre en lumière les situations intolérables dans notre société démocratique qui repose sur le respect de tout être humain que ce soit sa couleur de peau, son origine éthnique ou sociale, son sexe ou orientation sexuelle, ses convictions politiques et religieuses, elles n’en demeurent pas moins gênantes lorsqu’elles s’en prennent aux hommes en général.

Ces derniers en viennent à ne plus exprimer un quelconque compliment ou geste tendre en public  par peur qu’il soit interprété de manière sexiste et irrespectueux envers la femme.

Le coronavirus a bien mis tout cela en veilleuse  en demandant à tout un chacun de respecter la distance sociale, d’éviter les poignées de mains et embrassades, avec port du masque en plus.

 

Pour ma part, j’ai toujours considéré et apprécié la complémentarité entre hommes et femmes.

Dernièrement, une recherche bien documentée a mis en évidence la capacité de gestion de la femme au détriment des hommes qui bien souvent n’ont pas de vision à long terme se contentant d’assurer le travail pour lequel ils ont des compétences indéniables. Cela s’explique par le fait que celle-ci a le souci constant de faire tourner le ménage, c’est elle qui planifie et organise les activités de la famille, assure les courses en plus de son travail si elle a un emploi rémunéré même parfois bénévole à l’extérieur.

 

Il est encore un phénomène qui émerge actuellement  une reconnaissance de toutes les femmes qui  oeuvraient dans l’ombre d’un homme célèbre qu’il soit artiste ou politicien. 

Car « derrière chaque grand homme  se cache toujours une femme « selon l’adage. 

 

En tant que femme je n’attends rien moins d’autrui, qu’il soit homme ou femme, qu’une reconnaissance sincère de mes compétences, de mon travail artistique ou de mes capacités d’organisation et de gestion.

Je fuis toute forme de compétition, porte ouverte à la suprématie d’un individu sur les autres.

 

Les femmes qui pour moi ont défendu le féminisme par leurs écrits. en cohérence avec leur vie et leurs prises de positions publiques se nomment Simone de Beauvoir, Elisabeth Badinter , Benoîte Groult et Simone Weil, j’en oublie certainement … mais ce sont celles qui m’ont marquée et que j’admire.

 

Texte et photographies : 19. 7. 2020 

 

Danielle Foglia-Winiger

 

C’est la fête, Bernard m’emmène au Café de Peney pour son anniversaire.

Je me réjouis de me retrouver au bord du Rhône, dans ce lieu où j’aime  me ressourcer en toutes saisons. Pendant le confinement, j’avais bien pensé quitter les champs de ma plaine pour aller jusqu’au bord de l’eau … mais la promenade s’avérait trop longue et je craignais de ne pouvoir revenir que péniblement en effectuant la grande montée  qui m’amène à la route de Chancy.

Plus qu’un virage et nous y sommes.

Le parking, d’habitude vide , est plein , certaines voitures sont en dehors des cases. 

Toute une population joyeuse en maillot de bain évolue sur ces bords du Rhône.

Je renonce à aller jeter un coup d’oeil … trop de monde.

Je poursuis néanmoins  jusqu’au pont pour voir le Rhône.

Là ma déception fut grande, pas d’oiseaux, juste le vol d’une aigrette.

Cygnes, canards, foulques, grèbes , harles bièvres , semblent avoir déserté les lieux.

A hauteur du Pont, là où l’année dernière j’avais pu observer un magnifique nid de cygne, de la boue, des alluvions échoués sur la rive droite en dehors du courant.

Pas de chants, caractéristiques des oiseaux d’eau qui faisaient mon bonheur lorsque j’arrivais.

A la place, des rires et les cris de plaisanciers qui profitent des joies d’une baignades dans cette hanse du Rhône calme et large.

Ce matin tôt, j’y suis retournée pour en avoir le coeur net.

Parking presque vide, les oiseaux dans les arbres m’accueillent, baigneurs évaporés.

Au loin quelques cygnes qui semblent dormir, un grèbe sort timidement de la berge, fait un plongeon et part, puis ce sont deux foulques qui s’aventurent , et soudain, je vois sortir  du pont  tout une famille de canards.

Ce qui me frappe c’est le grand silence de ces oiseaux d’eau , eux d’habitude si bavards, même la cane n’émettait aucun son ayant tous ses canetons devant elles.

 

Ce sont les vacances, il fait beau et chaud , chaque lieu propice à pouvoir s’adonner aux plaisirs nautiques sont pris d’assaut … ce qui explique que les oiseaux du Lac qui nichent à cet endroit aient déserté le lieu préférant des endroits inaccessibles à l’homme en amont du pont ou alors sur le lac …

 

Malgré tout, ce qui m’apparaît triste et dommageable à toute cette belle nature permettant une belle promenade le long de ces berges jusqu’au barrage de Verbois, ce sont les déchets que les campeurs et pique-niqueurs laissent derrière eux, malgré la présence en nombre suffisant  de grandes  poubelles métalliques mettant les reliquats de repas à l’abri des mammifères qui doivent être les hôtes de ces bois.

 

Laisser un espace de camping ou de pique-nique propre après son passage , prenant soin d’emmener les déchets à mettre dans la poubelle de son logis , ne paraît plus être d’actualité.

 

Il revient donc aux Communes du Canton et à la Ville  de Genève d’organiser un nettoyage fréquent de ces lieux paradisiaques, ce qui doit occasionner un coût non négligeable pour rémunérer le personnel préposé à cette tâche …

 

 

 

Texte et photographies : 12. 7. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

 

Les mouchoirs en tissu que l’on lavait et repassait avant de les remettre dans sa poche ont été détrônés au profit des mouchoirs en papier, plus hygiéniques car on pouvait les jeter à la poubelle après usage. Ce fut un allègement du travail de la femme : plus de lessive et de repassage pour  rendre stériles ces petits carrés de tissu.

 

Seulement voilà,  les kleenex ont commencé à envahir nos poubelles augmentant la masse de déchets porteurs de virus. Et sur la voie publique , ils ne trouvèrent pas souvent le chemin d’une poubelle, l’utilisateur les jetant à ses pieds après usage. C’était au personnel de la voirie de les ramasser afin de rendre les rues, cours et espaces verts de Genève propres.

 

Avec cette tendance à l’usage unique, on a vu arriver un autre aspect de société qui a consisté à traiter les individus comme des Kleenex, jetables au premier prétexte économique.

Cela a commencé par les banques de la place, qui ont licencié du jour au lendemain, sans préavis, l’employé devant quitter son poste de travail séance tenante. Cette pratique a eu tendance à se propager à plusieurs secteurs économiques.  Chaque fois sous le prétexte d’une réorganisation plus rentable coïncidant souvent avec l’ouverture de succursales où la main d’oeuvre est moins chère, comme en Inde pour les vêtements et en Chine avant le Coronavirus. Licenciements qui souvent s’accompagnaient de mesures d’accompagnement, obligation de quitter Genève pour la Suisse Alémanique, voire de s’expatrier carrément et pour les plus âgés une retraite anticipée.

 

 

Depuis, avec la crise du Coronavirus on assiste à de nombreux licenciements pour des raisons d’économie et de rentabilité alors que ces mêmes entreprises en déposant leur bilan ont pu distribuer leur bénéfice aux actionnaires. La pilule est amère pour ceux qui ont continué à travailler faisant tourner l’entreprise envers et contre tout , qui sont sans travail à la reprise économique après cette pandémie qui en a mis plus d’un sur la paille.

Ce ne sont là que quelques exemples non exhaustifs.  Il est certains qu’il  y en aurait d’autres, et à  ce sujet bien des employés licenciés auraient leur témoignage à ajouter pour étayer cet état de fait.

 

En politique, tous ces remaniements ministériels fréquents de présidents qui ne font que servir leurs intérêts  en vue d’une réélection  après le constat d’une grande baisse de popularité dans les sondages face à un ministre qui s’émancipe trop et leur fait de l’ombre, n’y voit-on pas la considération d’un supérieur face à un subalterne que l’on peut jeter comme un Kleenex afin de garder les pleins pouvoirs ?

 

 

Texte et photographies : 5. 7. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger 

Rencontres inattendues en me promenant dans mon village . Deux voitures me rappelant des souvenirs.

 

Petite , il était une princesse qui venait se faire confectionner des robes longues chez maman .

Elle était blonde, élancée, avait un port de reine et une voix aux inflexions mélodiques qui charmaient mes oreilles.

Lorsqu’elle passait le seuil de la porte, je me précipitais pour lui dire « Bonjour Madame » comme il se devait.

 

A l’âge où j’avais compris qu’il n’y avait pas que les enfants qui portaient un prénom, je sondais tout le monde pour connaître leur prénom. Maman c’était Marthe, mon père François, mon oncle et parrain, Walter ( prénom de l’un des trois Suisses du Serment de la Prairie du Grütli ) . 

Alors arriva le jour, je demandai tout à trac à ma Princesse:

  • Vous Madame, c’est quoi votre prénom ?
  • Diane…
  • Drôle de prénom, c’est le nom d’une voiture !!!

Cette femme, de m’expliquer alors gentiment qu’avant d’être le nom d’une voiture, c’était le nom d’une déesse de la mythologie romaine, déesse de la Chasse, libertaire et connaissant bien les animaux. 

Pas très convaincue par l’aspect chasseresse, elle me laissa dans mes convictions , mais rajouta qu’on la représentait souvent à cheval, chevauchant les cheveux au vent.

D’une princesse, cette femme tant admirée, devenait déesse . Cela m’allait déjà beaucoup mieux , qui plus est une déesse filant comme « fan la bise »  et pas comme toutes ces statues figées que je connaissais bien pour les avoir  contemplées sur les façades du Grand Théâtre et du Conservatoire.

 

Bien plus tard, Maman était en fin de vie, hospitalisée à l’Hôpital de Gériatrie. Impossible qu’elle rentre chez elle pour finir sa vie cela représentait trop de risques pour le voisinage et pour elle-même. Le corps médical ne pouvait accéder à ma demande  et tenait une position ferme.

On attendait un placement, mais la liste d’attente était si longue, qu’elle dut rester à la Gériatrie.

J’y passais tous mes jours de congé, étant à la tête d’une classe à cette période.

Elle était très angoissée face à la mort, angoisses que je ne parvenais pas à dissiper et qui me semblait être du ressort d’un pasteur. Je fis appel à tous les pasteurs que je connaissais, celui de la paroisse où elle se rendait régulièrement, celui de celle où j’assurais souvent la musique en accompagnant de mes flûtes de bambou l’organiste titulaire, celui de la Gériatrie. Tous avaient un emploi du temps trop chargé et ne pouvaient se rendre dans un endroit si éloigné de la ville. Celui de l’établissement ne se voyait pas pouvoir entrer en contact avec elle, car elle refusait de le voir et ne se rendait à aucun des cultes le dimanche.

Surprise et déçue des réponses des hommes d’église je me tournai vers ma Déesse, qui était femme de pasteur . 

Rendez-vous fut pris à la Maison de Paroisse de l’église protestante des Eaux-Vives, un soir après l’école.

Je m’y rendis dans une vieille Citroën ZX, sale et poussive … pour moi la voiture a toujours été un moyen de déplacement et j’attachais plus d’importance à l’entretien de son moteur qu’à son aspect extérieur.

En avance, j’attendais sous un arbre guettant les voitures susceptibles de venir se garer à côté de la mienne, lorsque je vis arriver une Deux-Chevaux beige comme celles que j’avais connues au moment de passer mon permis de conduire.  En l’an 2000, plutôt étonnant !

Quelle ne fut pas ma surprise de voir sortir la  Princesse de mon enfance de ce carrosse.

Devant mes yeux étonnés, l’explication fut claire:

«  La famille a toujours privilégié les transports en train. La  2CV est une voiture fiable qui consomme peu, a l’avantage d’être peu coûteuse à l’entretien et il n’est vraiment  pas nécessaire de circuler vite en Ville ou dans le Canton « 

 

Dans la période actuelle où les débats vont bon train entre défenseurs de la Mobilité Douce et ceux des  Déplacements motorisés, il me semble qu’il faudrait peut-être mieux réfléchir à satisfaire tous les moyens de transports sans en prétériter aucun et surtout veiller à ce que piétons, engins à deux roues, véhicules à moteurs aient des voies de circulation fiables et sécurisés tant en Ville qu’en Campagne.

 

 

Texte et photo: 28. 6. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

Danielle Foglia-Winiger

Sur mon chemin

j’ai rencontré

des noisetiers

chargés d’avelines,

des blanches, des vertes 

et même des carmins.

 

Voici venir la saison

de la cueillette,

l’heure de s’en mettre 

plein les poches

avant d’ouvrir la coque

et croquer l’amende,

fruit frais et exquis.

 

Texte et photographies : 21. 6. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

En cette période où se pose la question de l’utilité du port du masque,  bref tour d’horizon  non exhaustif de cette question pour toute personne qui songe à profiter progressivement de cette période de déconfinement  qui s’est ouverte à nous et nous permet de reprendre une vie sociale, qu’on soit vieux, jeunes, actifs ou enfants. Seules les personnes les plus vulnérables souffrant de diabète et de maladies cardiaques sont priées de rester des plus vigilantes et  de respecter les mesures sanitaires préconisées par leur médecin traitant.

 

On recommande le port du masque dans les milieux confinés, plus particulièrement dans les transports publics et en avion, pour se protéger d’éventuelles contamination des voies respiratoires si l’on nous tousse à la figure, et pour protéger les autres , si jamais nous sommes porteur du Covid-19 sans le savoir.

 

On remarque que tous ne le font pas.

Est-ce tout simplement des personnes qui ne peuvent pas en acheter, étant dans cette population de grande précarité… ou alors par esprit de rébellion ou de liberté, ne comprenant pas que le virus est toujours présent et qu’il faut rester sur ses gardes.

Il est vrai que le port du masque relève de la liberté de chacun et de sa responsabilité  d’en porter un ou non .

Par rapport au constat que certaines personnes n’ont pas les moyens de se payer des masques pour se déplacer en transports publics, qu’en est-il de l’initiative des TPG et des CFF qui consistait à distribuer des masques à tous leurs usagers?

Par contre dans les grands magasins, du gel à l’entrée mais pas de distributions de masques.

On sait par ailleurs qu’après la grande pénurie du début, l’armée actuellement a des masques en stock suffisant voire avec un surplus, alors que les hôpitaux, fort de la leçon retenue face à la première vague de pandémie, ont quant à eux aussi constitués des stocks suffisants en masques, gants, vêtements de protections et tests de dépistages.

Face à cette nouvelle donne, ne pourrait-on pas envisager d’ajouter des masques dans les sacs de produits de première nécessité  distribués gratuitement par la ville et les communes aux plus démunis?

 

Lors de le pénurie, les masques ont fait l’objet de surenchères, certains n’hésitant à en proposer à des prix prohibitifs dans les boîtes  mails, sur le net et sur Facebook.

Actuellement on en trouve de toutes sortes:

  • les masques chirurgicaux,
  • en tissus lavables confectionnés à la mains par des artisans ou par des personnes sachant manier l’aiguille et une machine à coudre
  • un simple foulard porté sur la bouche suffit
  • une nouvelle sorte,  transparents vient d’être proposée sur le marché, très utile pour les sourds et mal entendants qui ne peuvent plus communiquer avec la lecture labiale, au-delà de cela ce type de masques permet de retrouver toute l’expression d’un visage.

 

Quelques problèmes se posent néanmoins

On assiste au fait qu’ils sont jetés  par terre n’importe où que ce soit en ville ou à la campagne.

Cela pose un réel danger de santé publique:

Ceux qui sont préposés à les ramasser doivent se prémunir d’une éventuelle contamination.

De plus, on ne peut les jeter n’importe où, car pour tuer le coronavirus, il faut qu’ils se trouvent dans une poubelle de rue ou dans celles récoltant les ordures ménagères qui seront acheminée dans un incinérateur de déchets et brûlés.

Les milieux écologiques, par ailleurs tirent la sonnette d’alarme face à ce nouveau produit difficilement dégradable rejoignant tous les plastics qui se trouvent dans nos lacs , océans et mers, véritable fléau pour la faune et la qualité des eaux.

 

Je vois un autre danger, caché derrière un masque on peut se sentir à l’abri de la reconnaissance faciale. On ressemble à Zorro, et à ceux qui de tous temps se masquaient pour pouvoir mettre à sac les devantures de magasins lors de manifestations rendant le travail des policiers difficile pour les appréhender à partir d’images qui ne restituent qu’un regard.

 

Avant la pandémie, le port du masque était prohibé dans les manifestations et une violente controverse avait été engagée face au port du voile, notamment après les évènements de Charlie Hebdo et toute la série d’attentats qui ont suivi un peu partout dans le Monde revendiqués par des franges terroristes islamiques.

 

Effacé, oublié, plus d’actualité, recommandé  face à la grande nécessité des précautions sanitaires préconisées en cette période de déconfinement et par crainte d’une seconde vague tant qu’un vaccin ne sera pas sorti sur le marché.

 

 

Texte et photos : 14. 6. 2020

Le 16 mars 2020, le Conseil Fédéral décrète l’Etat d’urgence face à l’épidémie du Coronavirus. Tout est fermé sauf les magasins de première nécessité. 

Du jour au lendemain les écoles ferment, parents et enfants se retrouvent à la maison.

L’école est censée se faire à domicile avec les travaux fournis par les enseignants. 

A Genève , Anne Emery-Torracinta en charge du département de l’Instruction Publique, se veut rassurante en affirmant qu’aucune évaluation ne sera prévue durant la période de semi-confinement, que les travaux scolaires proposés sont de fait un renforcement des acquisitions par des exercices de révision.

 

Très vite sur Facebook, des parents s’expriment pour dire combien ils comprennent enfin le métier d’enseignant en devant endosser leur rôle auprès de leur progéniture. 

A cette même période, on a vu passer un dessin humoristique montrant que les parents augmentait leurs connaissances et comblaient des lacunes en enseignant certaines matières à leurs enfants.

 

Le temps passe et l’inquiétude grandit face aux disparités constatées qui tendent à s’accentuer dans cette période où les élèves travaillent à la maison.

Disparités qui s’expliquent en grande partie par la situation bien différente dans laquelle les élèves se trouvent. 

Tout d’abord un accès facilité et fréquent à un ordinateur, certains milieux disposant de plusieurs ordinateurs, ce qui permet à l’enfant de travailler en toute tranquillité. Alors que d’autres n’ont qu’un ordinateur à se partager pour le télétravail des parents et les travaux scolaires des enfants. Et certains ne possèdent aucun ordinateur et de ce fait ne peuvent avoir accès aux travaux postés sur le net par les enseignants.

Un autre paramètre est à prendre en compte c’est le lieu de vie. Les plus privilégiés jouissent d’ une habitation suffisamment vaste dans laquelle il est possible de s’isoler pour travailler, alors qu’à l’autre extrême, parents et enfants sont confinés dans un petit deux pièces dans laquelle la grande promiscuité n’est pas favorable à un travail intellectuel qui demande attention et réflexion pour pouvoir effectuer l’exercice demandé.

Le 11 mai 2020, la Confédération autorise la reprise du travail et le retour à l’école des élèves du primaire, ceux du C.O , du collège et de l’université poursuivant le travail à la maison.

Retour qui a nécessité un aménagement des classes afin de respecter  les mesures sanitaires : distance sociale, lavage des mains et port du masque pour les enseignants.

A Genève on opte pour une reprise en demi-effectif : une demi-classe le matin , l’autre demi-classe l’après-midi.

Tous les enseignants s’accordent à dire que cette reprise avec moins d’élèves en classe s’avère une très bonne mesure pour reprendre l’enseignement avec leurs élèves, et qu’ainsi l’enseignant est le mieux à même de répondre aux besoins de chacun individuellement, de combler les lacunes et de poursuivre la remise à niveaux.

Seulement, malgré les demandes des syndicats des enseignants vaudois et genevois, la retour à des classes complètes se fait  le 25 mai 2020, afin de revenir à une situation normale avant les vacances d’été.

On évoque une reprise dans le secondaire le 11 juin avec quelques jours seulement de présence en classe avec les enseignants.

Nous en sommes actuellement à l’heure du bilan de cette expérience de travail à la maison mise en place dans l’urgence face au risque de propagation du Covid-19 .

Cette mesure, qui semblait séduisante au début, a vite montré ses limites en mettant en évidence les inégalités de progression relevées par les enseignants face aux travaux qu’ils recevaient et devaient corriger. Ils se sont alors rendu compte que l’enfant qui ne recevait aucune aide, aucune explication de son entourage stagnait alors que d’autres continuaient à progresser. A travers les vidéo-conférence ils ont pénétré à l’intérieur des foyers, les conditions de précarités de certains enfants leur sautant aux yeux.

Julien Jenni, enseignant à l’école primaire de Cité-Jonction avec quelques collègues a voulu lutter contre la précarité  constatée à Genève.Ils se sont lancés dans une collecte de Fonds pour la fondation Partage, banque alimentaire genevoise en appelant les enseignants à donner tout ou une partie de leur 13ème salaire versé en juin. Mercredi dernier 30 000 francs avaient déjà été récoltés.

 

Un enseignant du secondaire prône l’enseignement à l’envers, qui consiste à travailler les nouvelles notions d’abord à la maison, puis l’enseignement en classe consistera à expliquer , à faire des travaux pratiques en lien avec ce qui a été vu théoriquement en télétravail.

Des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que les enseignants étaient dans l’incapacité de fournir un travail correct par la voie du net.

A ce sujet, il est à noter que tous les enseignants ont dû s’adapter dans l’urgence à la situation.

Ils n’étaient pas tous formés à utiliser les programmes informatiques en vue de transmettre leur enseignement par voie du net. Certains n’avaient pas le matériel informatique adéquat, ils ont du se débrouiller autrement en bénéficiant de l’aide de collègues. Certains ont demandé aux parents de venir à l’école pour chercher le travail à effectuer avec leurs enfants.

Il y a fort à parier que suite à cette expérience, et dans la crainte d’une nouvelle vague de Coronavirus, le tir sera corrigé, que l’on dotera les élèves de tablettes afin qu’ils puissent avoir accès au télétravail, que l’on veillera à ce que chaque enseignant ait un ordinateur et un programme à disposition chez eux et qu’une formation ad hoc dans le domaine informatique leur sera dispensée.

De cette expérience, je relèverai que l’enseignement ne peut se contenter d’être fait à distance. C’est faire fi de tout un aspect important qui repose sur la relation de l’enseignant et de l’élève.

Interactions si importantes pour répondre au mieux aux questions et blocages de chacun de ses élèves et lui permettre de progresser. 

L’enseignement, tout au moins chez les petits, repose aussi sur l’observation des enfants, de leurs comportements avec leurs pairs et face à la tâche, ce qui permet à l’enseignant de réagir assez vite face à un enfant qui ne le sollicite pas et ne parvient pas à effectuer ou terminer le travail demandé.

 

 

Texte et photographie : 7. 6. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

 

Langage photographique

 

La photographie est un langage, un moyen de communication visuel au même titre que le langage oral et l’écrit.

 

Il nécessite un émetteur dans le cas présent le photographe

et  un récepteur, celui qui regarde l’image.

 

Le photographe choisit son cadrage, le post-traitement et le sujet en fonction de ses compétences et de ses choix artistiques.

 

Celui qui regarde active son passé, ses choix propres artistiques et interprète en fonction de son vécu et des événements.

 

Concernant la photographie, j’ai relevé quelques fonctions:

 

esthétique : qui s’inscrit dans le domaine des arts graphiques , il relève d’une recherche approfondie du photographe pour obtenir l’effet escompté … on dit même que ce dernier a une signature artistique, ce qui revient à dire qu’il se démarque et que l’on reconnaît son style ou ses styles provenant de recherches à différentes périodes de son parcours photographique. 

Pour celui qui contemple : comme dans tous les arts les goûts et les couleurs ne se discutent pas … on peut aimer ou pas, chacun peut en avoir une interprétation propre, cela peut même révéler et faire référence à des souvenirs personnels.

 

souvenirs : toutes les photos de vacances, de réunions de familles, d’amis, de camarades de classes, qui appartiennent à notre histoire personnelle et font partie d’un album papier ou visuel que nous feuilletons avec plaisir.

 

Il en est un autre que j’ai utilisé en classe avec mes élèves de 4 à 6 ans. Nous avions un coin de construction, les enfants avait toutes les peines à accepter de détruire leur réalisation pour que les pièces soient disponibles pour un camarade et surtout pour que le concierge puisse passer son balai dans ce coin. Cela relevait d’une négociation parfois sans fin et douloureuse, jusqu’au jour où j’eus l’idée d’utiliser mon appareil de photo numérique pour garder une trace de la construction et parvenir à la reconstruire le lendemain. Cela supposait qu’une fois rentrée chez moi, j’en fasse un tirage, mette le nom de l’élève au dos et la donne pour qu’il fasse l’exercice à partir d’un modèle  . Si c’était l’auteur de la construction, elle était reconstruite rapidement, avec quelques hésitations vite surmontées. J’allais vérifier, la photo intégrait un fichier et les plots remis dans le bac sans problèmes.

Par contre lorsque, c’était un camarade qui voulait la reconstruire , souvent on n’avait que les plots apparents et cela ne correspondait absolument pas à la construction d’origine. Nous avons alors été amenés à réfléchir à comment faire pour obtenir le plus de renseignements pertinents à la réalisation d’une construction en volume.

Il fallait modifier les points vue: de face, de côté ( droite, gauche ) de dos, de dessus.

A partir de ce moment une nouvelle motivation vit le jour, celle de construire des oeuvres architecturales les plus compliquées possibles. J’ai même vu un élève recommencer plusieurs fois une tour jusqu’à ce qu’il parvienne à placer le dernier plot en équilibre sans qu’elle ne s’effondre, nous interdisant d’éternuer tant que les photos n’étaient pas prises.

 

repérage d’un lieu , largement utilisées pour les restaurants, cafés, bars, bistrots et hôtels, auberges de jeunesses et camping, pour les lieux culturels : musées, galeries, zoos, de sports : patinoires , terrains de foot, de rugby, basket badminton , tennis, golf, piscines et tous les magasins d’alimentations ou autres. 

 

témoignages d’un évènement, d’une période, d’un fait divers, de la beauté d’un sport,

Je pense ici aux photographies ou cartes postales anciennes utilisées comme documents historiques. Je fais référence au travail de Charly Schwarz qui est allé sur les traces de Ferdinand Hodler, prenant des photographies de l’endroit où le peintre s’est installé pour effectuer ses peintures. On mesurait les changements lorsque le photographe disait que certains endroits étaient devenus inaccessibles. 

 

Il y a aussi toutes les photographies de la Presse actuelle qu’elle soit sur papier ou en ligne. Les photographies sont le support visuel d’un évènement développé ou décrit dans le texte d’un(e) journaliste.

 

Il existe cependant des photos choc témoignage d’une réalité, je pense ici aux photos prises par les soldats américains lorsqu’ils ont découvert la réalité du camp de concentration d’Auschwitz, celle de cette fillette fuyant nue et hurlant prise par Nick Ut pendant la guerre du Viet-Nam, dernièrement cette photo qui passe sur Facebook illustrant la situation de la Ville de Genève après le nouveau marquage de zones cyclistes plus larges. On y voit côte à côte une voiture dans sa ligne de présélection, une moto dans celle réservée aux deux roues et un cycliste circulant sur le trottoir.

Toutes ces photographies parlent d’elles-mêmes, pas besoin de rajouter un texte, si ce n’est une légende comprenant le lieu, la date et l’évènement ( éventuellement ) pour orienter la lecture de l’image.

 

Prise de vue et lecture d’image s’inscrivent bien dans un processus de communication qui relève de la lecture de l’image pour celui qui s’attarde à regarder , à analyser et de l’envie de communiquer un message , une information, une émotion esthétique ou pour rendre compte d’une réalité que seule l’image peut transmettre face à la réalité dans laquelle le photographe se trouve. 

 

Texte et photographie : 31. 5. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger 

https://lacturomande.ch/abonnement/

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