Les mouchoirs en tissu que l’on lavait et repassait avant de les remettre dans sa poche ont été détrônés au profit des mouchoirs en papier, plus hygiéniques car on pouvait les jeter à la poubelle après usage. Ce fut un allègement du travail de la femme : plus de lessive et de repassage pour  rendre stériles ces petits carrés de tissu.

 

Seulement voilà,  les kleenex ont commencé à envahir nos poubelles augmentant la masse de déchets porteurs de virus. Et sur la voie publique , ils ne trouvèrent pas souvent le chemin d’une poubelle, l’utilisateur les jetant à ses pieds après usage. C’était au personnel de la voirie de les ramasser afin de rendre les rues, cours et espaces verts de Genève propres.

 

Avec cette tendance à l’usage unique, on a vu arriver un autre aspect de société qui a consisté à traiter les individus comme des Kleenex, jetables au premier prétexte économique.

Cela a commencé par les banques de la place, qui ont licencié du jour au lendemain, sans préavis, l’employé devant quitter son poste de travail séance tenante. Cette pratique a eu tendance à se propager à plusieurs secteurs économiques.  Chaque fois sous le prétexte d’une réorganisation plus rentable coïncidant souvent avec l’ouverture de succursales où la main d’oeuvre est moins chère, comme en Inde pour les vêtements et en Chine avant le Coronavirus. Licenciements qui souvent s’accompagnaient de mesures d’accompagnement, obligation de quitter Genève pour la Suisse Alémanique, voire de s’expatrier carrément et pour les plus âgés une retraite anticipée.

 

 

Depuis, avec la crise du Coronavirus on assiste à de nombreux licenciements pour des raisons d’économie et de rentabilité alors que ces mêmes entreprises en déposant leur bilan ont pu distribuer leur bénéfice aux actionnaires. La pilule est amère pour ceux qui ont continué à travailler faisant tourner l’entreprise envers et contre tout , qui sont sans travail à la reprise économique après cette pandémie qui en a mis plus d’un sur la paille.

Ce ne sont là que quelques exemples non exhaustifs.  Il est certains qu’il  y en aurait d’autres, et à  ce sujet bien des employés licenciés auraient leur témoignage à ajouter pour étayer cet état de fait.

 

En politique, tous ces remaniements ministériels fréquents de présidents qui ne font que servir leurs intérêts  en vue d’une réélection  après le constat d’une grande baisse de popularité dans les sondages face à un ministre qui s’émancipe trop et leur fait de l’ombre, n’y voit-on pas la considération d’un supérieur face à un subalterne que l’on peut jeter comme un Kleenex afin de garder les pleins pouvoirs ?

 

 

Texte et photographies : 5. 7. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger 

Rencontres inattendues en me promenant dans mon village . Deux voitures me rappelant des souvenirs.

 

Petite , il était une princesse qui venait se faire confectionner des robes longues chez maman .

Elle était blonde, élancée, avait un port de reine et une voix aux inflexions mélodiques qui charmaient mes oreilles.

Lorsqu’elle passait le seuil de la porte, je me précipitais pour lui dire « Bonjour Madame » comme il se devait.

 

A l’âge où j’avais compris qu’il n’y avait pas que les enfants qui portaient un prénom, je sondais tout le monde pour connaître leur prénom. Maman c’était Marthe, mon père François, mon oncle et parrain, Walter ( prénom de l’un des trois Suisses du Serment de la Prairie du Grütli ) . 

Alors arriva le jour, je demandai tout à trac à ma Princesse:

  • Vous Madame, c’est quoi votre prénom ?
  • Diane…
  • Drôle de prénom, c’est le nom d’une voiture !!!

Cette femme, de m’expliquer alors gentiment qu’avant d’être le nom d’une voiture, c’était le nom d’une déesse de la mythologie romaine, déesse de la Chasse, libertaire et connaissant bien les animaux. 

Pas très convaincue par l’aspect chasseresse, elle me laissa dans mes convictions , mais rajouta qu’on la représentait souvent à cheval, chevauchant les cheveux au vent.

D’une princesse, cette femme tant admirée, devenait déesse . Cela m’allait déjà beaucoup mieux , qui plus est une déesse filant comme « fan la bise »  et pas comme toutes ces statues figées que je connaissais bien pour les avoir  contemplées sur les façades du Grand Théâtre et du Conservatoire.

 

Bien plus tard, Maman était en fin de vie, hospitalisée à l’Hôpital de Gériatrie. Impossible qu’elle rentre chez elle pour finir sa vie cela représentait trop de risques pour le voisinage et pour elle-même. Le corps médical ne pouvait accéder à ma demande  et tenait une position ferme.

On attendait un placement, mais la liste d’attente était si longue, qu’elle dut rester à la Gériatrie.

J’y passais tous mes jours de congé, étant à la tête d’une classe à cette période.

Elle était très angoissée face à la mort, angoisses que je ne parvenais pas à dissiper et qui me semblait être du ressort d’un pasteur. Je fis appel à tous les pasteurs que je connaissais, celui de la paroisse où elle se rendait régulièrement, celui de celle où j’assurais souvent la musique en accompagnant de mes flûtes de bambou l’organiste titulaire, celui de la Gériatrie. Tous avaient un emploi du temps trop chargé et ne pouvaient se rendre dans un endroit si éloigné de la ville. Celui de l’établissement ne se voyait pas pouvoir entrer en contact avec elle, car elle refusait de le voir et ne se rendait à aucun des cultes le dimanche.

Surprise et déçue des réponses des hommes d’église je me tournai vers ma Déesse, qui était femme de pasteur . 

Rendez-vous fut pris à la Maison de Paroisse de l’église protestante des Eaux-Vives, un soir après l’école.

Je m’y rendis dans une vieille Citroën ZX, sale et poussive … pour moi la voiture a toujours été un moyen de déplacement et j’attachais plus d’importance à l’entretien de son moteur qu’à son aspect extérieur.

En avance, j’attendais sous un arbre guettant les voitures susceptibles de venir se garer à côté de la mienne, lorsque je vis arriver une Deux-Chevaux beige comme celles que j’avais connues au moment de passer mon permis de conduire.  En l’an 2000, plutôt étonnant !

Quelle ne fut pas ma surprise de voir sortir la  Princesse de mon enfance de ce carrosse.

Devant mes yeux étonnés, l’explication fut claire:

«  La famille a toujours privilégié les transports en train. La  2CV est une voiture fiable qui consomme peu, a l’avantage d’être peu coûteuse à l’entretien et il n’est vraiment  pas nécessaire de circuler vite en Ville ou dans le Canton « 

 

Dans la période actuelle où les débats vont bon train entre défenseurs de la Mobilité Douce et ceux des  Déplacements motorisés, il me semble qu’il faudrait peut-être mieux réfléchir à satisfaire tous les moyens de transports sans en prétériter aucun et surtout veiller à ce que piétons, engins à deux roues, véhicules à moteurs aient des voies de circulation fiables et sécurisés tant en Ville qu’en Campagne.

 

 

Texte et photo: 28. 6. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

Danielle Foglia-Winiger

Sur mon chemin

j’ai rencontré

des noisetiers

chargés d’avelines,

des blanches, des vertes 

et même des carmins.

 

Voici venir la saison

de la cueillette,

l’heure de s’en mettre 

plein les poches

avant d’ouvrir la coque

et croquer l’amende,

fruit frais et exquis.

 

Texte et photographies : 21. 6. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

En cette période où se pose la question de l’utilité du port du masque,  bref tour d’horizon  non exhaustif de cette question pour toute personne qui songe à profiter progressivement de cette période de déconfinement  qui s’est ouverte à nous et nous permet de reprendre une vie sociale, qu’on soit vieux, jeunes, actifs ou enfants. Seules les personnes les plus vulnérables souffrant de diabète et de maladies cardiaques sont priées de rester des plus vigilantes et  de respecter les mesures sanitaires préconisées par leur médecin traitant.

 

On recommande le port du masque dans les milieux confinés, plus particulièrement dans les transports publics et en avion, pour se protéger d’éventuelles contamination des voies respiratoires si l’on nous tousse à la figure, et pour protéger les autres , si jamais nous sommes porteur du Covid-19 sans le savoir.

 

On remarque que tous ne le font pas.

Est-ce tout simplement des personnes qui ne peuvent pas en acheter, étant dans cette population de grande précarité… ou alors par esprit de rébellion ou de liberté, ne comprenant pas que le virus est toujours présent et qu’il faut rester sur ses gardes.

Il est vrai que le port du masque relève de la liberté de chacun et de sa responsabilité  d’en porter un ou non .

Par rapport au constat que certaines personnes n’ont pas les moyens de se payer des masques pour se déplacer en transports publics, qu’en est-il de l’initiative des TPG et des CFF qui consistait à distribuer des masques à tous leurs usagers?

Par contre dans les grands magasins, du gel à l’entrée mais pas de distributions de masques.

On sait par ailleurs qu’après la grande pénurie du début, l’armée actuellement a des masques en stock suffisant voire avec un surplus, alors que les hôpitaux, fort de la leçon retenue face à la première vague de pandémie, ont quant à eux aussi constitués des stocks suffisants en masques, gants, vêtements de protections et tests de dépistages.

Face à cette nouvelle donne, ne pourrait-on pas envisager d’ajouter des masques dans les sacs de produits de première nécessité  distribués gratuitement par la ville et les communes aux plus démunis?

 

Lors de le pénurie, les masques ont fait l’objet de surenchères, certains n’hésitant à en proposer à des prix prohibitifs dans les boîtes  mails, sur le net et sur Facebook.

Actuellement on en trouve de toutes sortes:

  • les masques chirurgicaux,
  • en tissus lavables confectionnés à la mains par des artisans ou par des personnes sachant manier l’aiguille et une machine à coudre
  • un simple foulard porté sur la bouche suffit
  • une nouvelle sorte,  transparents vient d’être proposée sur le marché, très utile pour les sourds et mal entendants qui ne peuvent plus communiquer avec la lecture labiale, au-delà de cela ce type de masques permet de retrouver toute l’expression d’un visage.

 

Quelques problèmes se posent néanmoins

On assiste au fait qu’ils sont jetés  par terre n’importe où que ce soit en ville ou à la campagne.

Cela pose un réel danger de santé publique:

Ceux qui sont préposés à les ramasser doivent se prémunir d’une éventuelle contamination.

De plus, on ne peut les jeter n’importe où, car pour tuer le coronavirus, il faut qu’ils se trouvent dans une poubelle de rue ou dans celles récoltant les ordures ménagères qui seront acheminée dans un incinérateur de déchets et brûlés.

Les milieux écologiques, par ailleurs tirent la sonnette d’alarme face à ce nouveau produit difficilement dégradable rejoignant tous les plastics qui se trouvent dans nos lacs , océans et mers, véritable fléau pour la faune et la qualité des eaux.

 

Je vois un autre danger, caché derrière un masque on peut se sentir à l’abri de la reconnaissance faciale. On ressemble à Zorro, et à ceux qui de tous temps se masquaient pour pouvoir mettre à sac les devantures de magasins lors de manifestations rendant le travail des policiers difficile pour les appréhender à partir d’images qui ne restituent qu’un regard.

 

Avant la pandémie, le port du masque était prohibé dans les manifestations et une violente controverse avait été engagée face au port du voile, notamment après les évènements de Charlie Hebdo et toute la série d’attentats qui ont suivi un peu partout dans le Monde revendiqués par des franges terroristes islamiques.

 

Effacé, oublié, plus d’actualité, recommandé  face à la grande nécessité des précautions sanitaires préconisées en cette période de déconfinement et par crainte d’une seconde vague tant qu’un vaccin ne sera pas sorti sur le marché.

 

 

Texte et photos : 14. 6. 2020

Le 16 mars 2020, le Conseil Fédéral décrète l’Etat d’urgence face à l’épidémie du Coronavirus. Tout est fermé sauf les magasins de première nécessité. 

Du jour au lendemain les écoles ferment, parents et enfants se retrouvent à la maison.

L’école est censée se faire à domicile avec les travaux fournis par les enseignants. 

A Genève , Anne Emery-Torracinta en charge du département de l’Instruction Publique, se veut rassurante en affirmant qu’aucune évaluation ne sera prévue durant la période de semi-confinement, que les travaux scolaires proposés sont de fait un renforcement des acquisitions par des exercices de révision.

 

Très vite sur Facebook, des parents s’expriment pour dire combien ils comprennent enfin le métier d’enseignant en devant endosser leur rôle auprès de leur progéniture. 

A cette même période, on a vu passer un dessin humoristique montrant que les parents augmentait leurs connaissances et comblaient des lacunes en enseignant certaines matières à leurs enfants.

 

Le temps passe et l’inquiétude grandit face aux disparités constatées qui tendent à s’accentuer dans cette période où les élèves travaillent à la maison.

Disparités qui s’expliquent en grande partie par la situation bien différente dans laquelle les élèves se trouvent. 

Tout d’abord un accès facilité et fréquent à un ordinateur, certains milieux disposant de plusieurs ordinateurs, ce qui permet à l’enfant de travailler en toute tranquillité. Alors que d’autres n’ont qu’un ordinateur à se partager pour le télétravail des parents et les travaux scolaires des enfants. Et certains ne possèdent aucun ordinateur et de ce fait ne peuvent avoir accès aux travaux postés sur le net par les enseignants.

Un autre paramètre est à prendre en compte c’est le lieu de vie. Les plus privilégiés jouissent d’ une habitation suffisamment vaste dans laquelle il est possible de s’isoler pour travailler, alors qu’à l’autre extrême, parents et enfants sont confinés dans un petit deux pièces dans laquelle la grande promiscuité n’est pas favorable à un travail intellectuel qui demande attention et réflexion pour pouvoir effectuer l’exercice demandé.

Le 11 mai 2020, la Confédération autorise la reprise du travail et le retour à l’école des élèves du primaire, ceux du C.O , du collège et de l’université poursuivant le travail à la maison.

Retour qui a nécessité un aménagement des classes afin de respecter  les mesures sanitaires : distance sociale, lavage des mains et port du masque pour les enseignants.

A Genève on opte pour une reprise en demi-effectif : une demi-classe le matin , l’autre demi-classe l’après-midi.

Tous les enseignants s’accordent à dire que cette reprise avec moins d’élèves en classe s’avère une très bonne mesure pour reprendre l’enseignement avec leurs élèves, et qu’ainsi l’enseignant est le mieux à même de répondre aux besoins de chacun individuellement, de combler les lacunes et de poursuivre la remise à niveaux.

Seulement, malgré les demandes des syndicats des enseignants vaudois et genevois, la retour à des classes complètes se fait  le 25 mai 2020, afin de revenir à une situation normale avant les vacances d’été.

On évoque une reprise dans le secondaire le 11 juin avec quelques jours seulement de présence en classe avec les enseignants.

Nous en sommes actuellement à l’heure du bilan de cette expérience de travail à la maison mise en place dans l’urgence face au risque de propagation du Covid-19 .

Cette mesure, qui semblait séduisante au début, a vite montré ses limites en mettant en évidence les inégalités de progression relevées par les enseignants face aux travaux qu’ils recevaient et devaient corriger. Ils se sont alors rendu compte que l’enfant qui ne recevait aucune aide, aucune explication de son entourage stagnait alors que d’autres continuaient à progresser. A travers les vidéo-conférence ils ont pénétré à l’intérieur des foyers, les conditions de précarités de certains enfants leur sautant aux yeux.

Julien Jenni, enseignant à l’école primaire de Cité-Jonction avec quelques collègues a voulu lutter contre la précarité  constatée à Genève.Ils se sont lancés dans une collecte de Fonds pour la fondation Partage, banque alimentaire genevoise en appelant les enseignants à donner tout ou une partie de leur 13ème salaire versé en juin. Mercredi dernier 30 000 francs avaient déjà été récoltés.

 

Un enseignant du secondaire prône l’enseignement à l’envers, qui consiste à travailler les nouvelles notions d’abord à la maison, puis l’enseignement en classe consistera à expliquer , à faire des travaux pratiques en lien avec ce qui a été vu théoriquement en télétravail.

Des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que les enseignants étaient dans l’incapacité de fournir un travail correct par la voie du net.

A ce sujet, il est à noter que tous les enseignants ont dû s’adapter dans l’urgence à la situation.

Ils n’étaient pas tous formés à utiliser les programmes informatiques en vue de transmettre leur enseignement par voie du net. Certains n’avaient pas le matériel informatique adéquat, ils ont du se débrouiller autrement en bénéficiant de l’aide de collègues. Certains ont demandé aux parents de venir à l’école pour chercher le travail à effectuer avec leurs enfants.

Il y a fort à parier que suite à cette expérience, et dans la crainte d’une nouvelle vague de Coronavirus, le tir sera corrigé, que l’on dotera les élèves de tablettes afin qu’ils puissent avoir accès au télétravail, que l’on veillera à ce que chaque enseignant ait un ordinateur et un programme à disposition chez eux et qu’une formation ad hoc dans le domaine informatique leur sera dispensée.

De cette expérience, je relèverai que l’enseignement ne peut se contenter d’être fait à distance. C’est faire fi de tout un aspect important qui repose sur la relation de l’enseignant et de l’élève.

Interactions si importantes pour répondre au mieux aux questions et blocages de chacun de ses élèves et lui permettre de progresser. 

L’enseignement, tout au moins chez les petits, repose aussi sur l’observation des enfants, de leurs comportements avec leurs pairs et face à la tâche, ce qui permet à l’enseignant de réagir assez vite face à un enfant qui ne le sollicite pas et ne parvient pas à effectuer ou terminer le travail demandé.

 

 

Texte et photographie : 7. 6. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger

 

Langage photographique

 

La photographie est un langage, un moyen de communication visuel au même titre que le langage oral et l’écrit.

 

Il nécessite un émetteur dans le cas présent le photographe

et  un récepteur, celui qui regarde l’image.

 

Le photographe choisit son cadrage, le post-traitement et le sujet en fonction de ses compétences et de ses choix artistiques.

 

Celui qui regarde active son passé, ses choix propres artistiques et interprète en fonction de son vécu et des événements.

 

Concernant la photographie, j’ai relevé quelques fonctions:

 

esthétique : qui s’inscrit dans le domaine des arts graphiques , il relève d’une recherche approfondie du photographe pour obtenir l’effet escompté … on dit même que ce dernier a une signature artistique, ce qui revient à dire qu’il se démarque et que l’on reconnaît son style ou ses styles provenant de recherches à différentes périodes de son parcours photographique. 

Pour celui qui contemple : comme dans tous les arts les goûts et les couleurs ne se discutent pas … on peut aimer ou pas, chacun peut en avoir une interprétation propre, cela peut même révéler et faire référence à des souvenirs personnels.

 

souvenirs : toutes les photos de vacances, de réunions de familles, d’amis, de camarades de classes, qui appartiennent à notre histoire personnelle et font partie d’un album papier ou visuel que nous feuilletons avec plaisir.

 

Il en est un autre que j’ai utilisé en classe avec mes élèves de 4 à 6 ans. Nous avions un coin de construction, les enfants avait toutes les peines à accepter de détruire leur réalisation pour que les pièces soient disponibles pour un camarade et surtout pour que le concierge puisse passer son balai dans ce coin. Cela relevait d’une négociation parfois sans fin et douloureuse, jusqu’au jour où j’eus l’idée d’utiliser mon appareil de photo numérique pour garder une trace de la construction et parvenir à la reconstruire le lendemain. Cela supposait qu’une fois rentrée chez moi, j’en fasse un tirage, mette le nom de l’élève au dos et la donne pour qu’il fasse l’exercice à partir d’un modèle  . Si c’était l’auteur de la construction, elle était reconstruite rapidement, avec quelques hésitations vite surmontées. J’allais vérifier, la photo intégrait un fichier et les plots remis dans le bac sans problèmes.

Par contre lorsque, c’était un camarade qui voulait la reconstruire , souvent on n’avait que les plots apparents et cela ne correspondait absolument pas à la construction d’origine. Nous avons alors été amenés à réfléchir à comment faire pour obtenir le plus de renseignements pertinents à la réalisation d’une construction en volume.

Il fallait modifier les points vue: de face, de côté ( droite, gauche ) de dos, de dessus.

A partir de ce moment une nouvelle motivation vit le jour, celle de construire des oeuvres architecturales les plus compliquées possibles. J’ai même vu un élève recommencer plusieurs fois une tour jusqu’à ce qu’il parvienne à placer le dernier plot en équilibre sans qu’elle ne s’effondre, nous interdisant d’éternuer tant que les photos n’étaient pas prises.

 

repérage d’un lieu , largement utilisées pour les restaurants, cafés, bars, bistrots et hôtels, auberges de jeunesses et camping, pour les lieux culturels : musées, galeries, zoos, de sports : patinoires , terrains de foot, de rugby, basket badminton , tennis, golf, piscines et tous les magasins d’alimentations ou autres. 

 

témoignages d’un évènement, d’une période, d’un fait divers, de la beauté d’un sport,

Je pense ici aux photographies ou cartes postales anciennes utilisées comme documents historiques. Je fais référence au travail de Charly Schwarz qui est allé sur les traces de Ferdinand Hodler, prenant des photographies de l’endroit où le peintre s’est installé pour effectuer ses peintures. On mesurait les changements lorsque le photographe disait que certains endroits étaient devenus inaccessibles. 

 

Il y a aussi toutes les photographies de la Presse actuelle qu’elle soit sur papier ou en ligne. Les photographies sont le support visuel d’un évènement développé ou décrit dans le texte d’un(e) journaliste.

 

Il existe cependant des photos choc témoignage d’une réalité, je pense ici aux photos prises par les soldats américains lorsqu’ils ont découvert la réalité du camp de concentration d’Auschwitz, celle de cette fillette fuyant nue et hurlant prise par Nick Ut pendant la guerre du Viet-Nam, dernièrement cette photo qui passe sur Facebook illustrant la situation de la Ville de Genève après le nouveau marquage de zones cyclistes plus larges. On y voit côte à côte une voiture dans sa ligne de présélection, une moto dans celle réservée aux deux roues et un cycliste circulant sur le trottoir.

Toutes ces photographies parlent d’elles-mêmes, pas besoin de rajouter un texte, si ce n’est une légende comprenant le lieu, la date et l’évènement ( éventuellement ) pour orienter la lecture de l’image.

 

Prise de vue et lecture d’image s’inscrivent bien dans un processus de communication qui relève de la lecture de l’image pour celui qui s’attarde à regarder , à analyser et de l’envie de communiquer un message , une information, une émotion esthétique ou pour rendre compte d’une réalité que seule l’image peut transmettre face à la réalité dans laquelle le photographe se trouve. 

 

Texte et photographie : 31. 5. 2020

 

Danielle Foglia-Winiger 

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