TEXTES: FABIEN FEISSLI

PHOTOS: CHRISTIAN BONZON

 

Spécialistes des travaux en hauteur, les cordistes accomplissent différentes missions suspendus à leur harnais. Ce jour-là, la société Acro Bat nettoyait la façade d’un bâtiment genevois. Mais leurs tâches sont très variées, cela va de l’installation de détecteurs d’incendie à la fixation de filets antipigeons en passant par l’inspection de rivières souterraines. Si la formation de base se résume à un cours d’une semaine, la préparation du matériel requiert beaucoup de minutie et de concentration. La moindre erreur pourrait être fatale.

Juchés sur le toit du bâtiment, les trois hommes se préparent sans un mot. Dans leur dos, le jet d’eau de Genève scintille sous le soleil matinal. Se déplaçant avec aisance malgré le matériel qui pend à leurs baudriers, ils s’entraident pour mettre en position les glissières. Puis chacun prépare les cordes qui serviront à l’assurer, multipliant les nœuds compliqués pour les relier aux anneaux qui sont fichés dans le mur. Chaque corde est doublée pour davantage de sécurité. La concentration est maximale. «Il faut avoir les yeux ouverts dès le matin. Tu n’as pas la possibilité de te tromper, cela peut être très dangereux», explique Andrea Scarponni, responsable de l’équipe de cordistes de la société Acro Bat. Il faut dire que lui et ses deux collègues s’apprêtent à descendre en rappel le long de la façade d’un immeuble administratif genevois de sept étages. Objectif? Nettoyer les 700 vitres de la structure. Au total, il leur faudra plus de deux semaines pour accomplir leur tâche.

«On s’occupe de nos propres cordes, mais on jette aussi un œil sur ce que font les autres pour vérifier», souligne Jérémie Favre, en enjambant le rebord du toit pour se suspendre dans le vide. Avec souplesse, il attrape le seau qu’il a préalablement rempli d’eau et l’accroche à son baudrier. Lui et ses camarades sont parés, ils se laissent glisser le long de la paroi grâce à leur matériel. «L’adrénaline est présente à chaque descente», confiait, quelques minutes plus tôt, Andrea Scarponni. C’est d’ailleurs l’un des aspects qui a séduit son collègue Vincent Adamiak. «En hauteur, même les choses banales deviennent compliquées. Pour visser une simple planche, tu dois bien réfléchir.»

Sous l’œil des passants, le ballet aérien débute. Les cordistes commencent par utiliser un chiffon pour nettoyer les encadrements et retirer les toiles d’araignées. Ils mouillent ensuite les vitres avec leurs frottoirs avant de passer le racloir de haut en bas. «Le nettoyage de vitres peut paraître rébarbatif, mais quand vous êtes en falaise, vous vous dites que, finalement, les vitres, c’est sympa», assure Jean-Daniel Légeret, fondateur de l’entreprise Acro Bat en 1997. Passionné d’escalade, le Vaudois a débuté dans le domaine un peu par hasard. «L’Auditorium Stravinski cherchait du monde en urgence pour réaliser des travaux sur corde à la fin du Montreux Jazz. J’y suis allé au pied levé», raconte celui qui sortait d’un apprentissage de maçon.

 

Juchés sur le toit du bâtiment, les trois hommes se préparent sans un mot. Dans leur dos, le jet d’eau de Genève scintille sous le soleil matinal. Se déplaçant avec aisance malgré le matériel qui pend à leurs baudriers, ils s’entraident pour mettre en position les glissières. Puis chacun prépare les cordes qui serviront à l’assurer, multipliant les nœuds compliqués pour les relier aux anneaux qui sont fichés dans le mur. Chaque corde est doublée pour davantage de sécurité. La concentration est maximale. «Il faut avoir les yeux ouverts dès le matin. Tu n’as pas la possibilité de te tromper, cela peut être très dangereux», explique Andrea Scarponni, responsable de l’équipe de cordistes de la société Acro Bat. Il faut dire que lui et ses deux collègues s’apprêtent à descendre en rappel le long de la façade d’un immeuble administratif genevois de sept étages. Objectif? Nettoyer les 700 vitres de la structure. Au total, il leur faudra plus de deux semaines pour accomplir leur tâche.

«On s’occupe de nos propres cordes, mais on jette aussi un œil sur ce que font les autres pour vérifier», souligne Jérémie Favre, en enjambant le rebord du toit pour se suspendre dans le vide. Avec souplesse, il attrape le seau qu’il a préalablement rempli d’eau et l’accroche à son baudrier. Lui et ses camarades sont parés, ils se laissent glisser le long de la paroi grâce à leur matériel. «L’adrénaline est présente à chaque descente», confiait, quelques minutes plus tôt, Andrea Scarponni. C’est d’ailleurs l’un des aspects qui a séduit son collègue Vincent Adamiak. «En hauteur, même les choses banales deviennent compliquées. Pour visser une simple planche, tu dois bien réfléchir.»

Sous l’œil des passants, le ballet aérien débute. Les cordistes commencent par utiliser un chiffon pour nettoyer les encadrements et retirer les toiles d’araignées. Ils mouillent ensuite les vitres avec leurs frottoirs avant de passer le racloir de haut en bas. «Le nettoyage de vitres peut paraître rébarbatif, mais quand vous êtes en falaise, vous vous dites que, finalement, les vitres, c’est sympa», assure Jean-Daniel Légeret, fondateur de l’entreprise Acro Bat en 1997. Passionné d’escalade, le Vaudois a débuté dans le domaine un peu par hasard. «L’Auditorium Stravinski cherchait du monde en urgence pour réaliser des travaux sur corde à la fin du Montreux Jazz. J’y suis allé au pied levé», raconte celui qui sortait d’un apprentissage de maçon.

«Ta sécurité ne dépend
que de toi»

«J’ai toujours aimé grimper. Comme je ne voulais pas rester dans un bureau, j’ai décidé de réunir ma passion et mon métier. Mais je pense que je travaillerai au maximum jusqu’à mes 45 ans. Sur un bâtiment comme celui-ci, c’est assez physique. Il faut être en bonnecondition et avoir confiance dans tes capacités. Ta sécurité ne dépend que de toi et de tes collègues.»

Andrea Scarponni, 33 ans, responsable de l’équipe et cordiste depuis quatre ans

«La haine des échafaudages»

«À la base, je suis ferblantier. Mais, 

à force, j’avais la haine des échafaudages, ils ne sont jamais aux normes, tu te cognes toujours quelque part. Quand j’ai découvert l’escalade, j’ai décidé de joindre les deux domaines. C’est un métier original qui n’est pas donné à tout le monde. Mes parents se sont un peu inquiétés au début, mais, si on fait les choses dans les règles de l’art, il n’y

a pas de soucis.»

Jérémie Favre, 27 ans, cordiste depuis trois ans.

«Les premières années,
c’est difficile physiquement»

«J’ai travaillé huit ans dans le monde de la restauration avant de devenir cordiste. J’ai pas mal d’amis qui se sont intéressés à ce métier et j’ai suivi. On a beaucoup moins de pression qu’en cuisine et c’est agréable de travailler dehors. C’est aussi plaisant de se déplacer comme ça, en hauteur. Les premières années c’est difficile physiquement, mais ensuite le corps s’habitue. Au début, mon entourage était un peu surpris, ils avaient l’impression que cela pouvait être dangereux.»

Vincent Adamiak, 28 ans, cordiste depuis cinq ans.

Suspendus à une corde

Très varié, le métier lui a tout de suite plu. «On a des situations différentes tous les jours. Cela peut être des réfections de façade, de la peinture, de la maçonnerie, des installations de filets antipigeons et de détecteurs d’incendie ou même des inspections de rivière», détaille-t-il. À ses yeux, les avantages d’un cordiste par rapport aux nacelles ou aux échafaudages sont indéniables. «Les moyens à mettre en œuvre sont très légers, le soir il n’y a plus rien qui traîne sur place. C’est aussi beaucoup plus rapide et moins.

cher.» Aujourd’hui, son entreprise emploie quinze personnes, dont douze cordistes. Pour intégrer la profession, il faut passer par la formation Irata, qui, pour le premier niveau, dure une semaine. «Les personnes sont notamment formées pour se porter secours. Elles travaillent toujours à deux», décrit Jean-Daniel Légeret. Car, si son entreprise n’a jamais connu d’accident, le directeur reconnaît que son travail comporte une part de risque. «Bien sûr qu’il y a des dangers, ce n’est pas courant d’être suspendu comme ça à une corde.» Le métier demande, d’ailleurs, d’être à 100% de ses capacités physiques. «Cela peut sembler facile, mais c’est très fatigant, on est toujours en mouvement. C’est vrai qu’à partir de 50 ans, comme moi, on commence à sentir le poids des années», pointe le chef d’entreprise. D’ailleurs, leur descente terminée, Jérémie, Andrea et Vincent mettent pied à terre en sueur. «Ce sont de grandes fenêtres, donc on est souvent dans des positions de gainage», expliquent-ils en se déséquipant. Après une petite pause, ils reprendront le chemin du toit de l’immeuble. Il reste encore quelques centaines de vitres à nettoyer.

Hommage et pensées à Micro journal Romand dont l’aventure cesse fin Mai 2020, il a été crée par Fabien Feissli ancien journaliste au Matin et Samantha Lunder ancienne Journaliste au Journal La Côte.

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